Premier voyage juin juillet 2011 Stan Yangambi Basoko Lokutu

Isangi

explications des deux voyages en 2011 sur base des photos via le lien ci- dessous.

http://www.alain-beguin.be

Départ de Zaventem avec l'Airbus A330-300 de Brussels Airlines le 28 juin 2011 au matin et arrivée à Kinshasa le 28 au soir, après environ 9 h de vol avec une escale à Douala au Cameroun. On fait le plein, avec les passagers à bord...
Nous logeons à la Procure de Kinshasa, près du fleuve et du Stanley Pool. Quelques photos de la Procure, du jardin et de ma chambre.

Le lendemain matin départ pour Kisangani avec un Boeing 727 d'Hewa Bora, appareil qui a fait un terrible crash à Kisangani neuf jours plus tard avec plus de 80 morts sur 117 passagers. L'appareil a raté la piste. L'ILS de Kisangani était en panne depuis bien longtemps, on l'a échappé belle...

Il n'y a aucune sécurité aérienne digne de ce nom en ce moment au Congo.

Réception par le maire à l'arrivée et ensuite départ immédiat en 4 fois 4 Toyota vers Yangambi, l'ancien INEAC devenue l'INERA, mondialement réputée pour ses études agronomiques et collections de plantes.

Après le bac sur la Lindi la route continue et nous arrivons à Yangambi où nous dînons et soupons.
A 22 h plus d'électricité (groupe électrogène) et plus d'eau non plus, pour toute la nuit. Le matin même chose et nous devons nous laver dans des bassines, j'avais un rasoir manuel en réserve mais je ne me suis pas rasé, pensant bien que le soir on aurait du courant. La Lindi se jète dans le fleuve Congo et le spectacle est magnifique. Beaucoup de petites îles dans un fleuve très large mais le niveau est assez bas car il fait très sec, avec toutes les conséquences pour les barrages, dont celui d'Inga, un des plus grands d'Afrique qui ne fonctionne même pas à mi-capacité en ce moment.


Nous devons marcher un peu, en attendant le nettoyage du filtre a mazout de notre Toyota de service, pas grave car ça change un peu des secousses sur les routes en très mauvais état sur lesquelles nous devons rouler durant des heures à des vitesses assez hautes sinon on n'arrive jamais.

Visite de l'herbarium de Yangambi et des bâtiments annexes, école, digitalisation des catalogues de plantes, oui, c'est en train de reprendre et Yangambi n'est plus abandonné, c'est réjouissant !
La bibliothèque est bien remplie et il y a des livres venant du monde entier, tous bien rangés et étiquetés.

Ensuite nous visitons l'ancien Guest House où j'ai encore joué la musique avec mon père durant quelques soirées. C'est très délabré mais on prévoit déjà la rénovation de ce splendide site avec une vue imprenable sur le fleuve dans le bas.

Nous quittons Yangambi vers Isangi par une route qui n'a plus grand chose à voir avec ce mot, c'est plutôt une piste et à la fin nous arrivons au bac qui nous fait traverser le fleuve Congo. Voilà Isangi dont l'évêque vient d'être tué dans le crash du Boeing 727 d'Hewa Bora.

Nous prenons notre repas chez les soeurs et continuons ensuite par le fleuve vers Basoko où nous arriverons dans le noir le plus absolu, ce qui n'était pas du tout prévu. Heureusement que le capitaine de notre barque avec un moteur hors-bord de 40 chevaux connait le fleuve comme sa poche, il faut le faire, près de deux heures à la lumière des étoiles.

Le fleuve est époustouflant, près de Basoko il a plus de trois kilomètres de large et si on ne s'y connaît pas on peut se perdre entre les nombreuses îles, mais quel spectacle grandiose et que le Congo révèle de belles choses !

Nous logeons à la mission dans des chambres torrides, c'est très dur et je dors une partie de la nuit dehors sur une chaise, bien frictionné avec de l'anti moustique.Le lendemain c'est le 30 juin, 51eme anniversaire de l'indépendance du pays, défilé, beaucoup de monde et très agréable accueil de la population. Pas un seul blanc et l'état du village est assez dégradé. Mais, ils font un effort sérieux pour de nouvelles écoles et rénovations. Visite chez le maire.

Nous ne restons pas à Basoko, on nous attend à Lokutu à une bonne heure

de bateau, sur la rive gauche du fleuve. Il y a là une très grande plantation de palmiers et une usine pour l'huile de palme que nous irons visiter le lendemain.

Nous nous rendons donc chez les soeurs qui nous montrent notre chambre. Quelle chance d'avoir des soeurs et des missions à l'intérieur du pays, que feraient les voyageurs sinon. J'en ai déjà souvent profité moi-même en 58/59, même avant avec mon père.

Belle petite chambre cette fois, chez les soeurs c'est toujours beaucoup plus propre, beaucoup de place et une splendide vue sur le jardin.

Le soir nous fêtons l'indépendance avec les habitants, il n'y a toujours pas de blancs et nous allons à pied dans un café-bar à quelques centaines de mètres du couvent.
Aucun incident, les habitants nous laissent filmer, ce qui n'est pas toujours le cas dans les grandes villes comme Kinshasa et Kisangani. J'avais deux appareils, l'un petit et discret et l'autre plus volumineux pour les endroits sans problèmes.

Excellent repas le lendemain matin et puis visite des plantations de palmiers ainsi que de l'usine, avec un des directeurs comme guide.

Excellent et intéressant séjour mais un des directeurs qui nous a reçus et expliqué leur méthode de travail a perdu sa femme et ses deux enfants dans le crash du 727 d'Hewa Bora quelques jours plus tard.
Pauvre homme !

Départ vers Isangi et cette fois nous restons loger chez les soeurs après environ 4 heures sur le fleuve, au soleil mais bien protégés. Partout les habitants nous saluent et surtout les petits gosses qui plongent à l'eau en nous voyant, ce qu'ils nagent bien, ces petits.

Très petites chambrettes chez les soeurs mais c'est le Congo et il faut s'y faire, il fait aussi très chaud et c'est assez dur la nuit. Pas trop de moustiques mais nous dormons sous la moustiquaire et sommes bien protégés par les produits nécessaires.

Nous nous sommes promenés dans Isangi mais à part l'école, le couvent et l'église il n'y a plus grand chose à voir.

L'évêque d'Isangi est aussi décédé dans le crash du Boeing à Kisangani, le jour de notre retour en Belgique, le 8 juillet.

Départ et retour à Yangambi où nous passons prendre un repas au Guest House où il n'y avait pas d'eau la fois précédente et nous visitons encore une école, une plantation d'Hevéa avec récolte de caoutchouc ainsi qu'une plantation de cacaotiers.

L'après-midi départ vers Kisangani et quelques arrêts dans les villages afin de prendre des photos. Le fleuve est toujours aussi envoûtant. Après un petit détour pour voir un tout nouvel hôtel un peu avant Kisangani, tenu par un belge, c'est du super luxe et succès assuré si l'on parvient a faire venir plus de touristes au Congo sans les interminables paperasseries que nous avions à chaque escale.

C'est réellement fatiguant, même chose dans les aéroports, innombrables tracasseries, votre bagage à main est ouvert deux fois lors de l'embarquement.
Sans l'excellent guide Roger que nous avons eu nous n'aurions jamais réussi notre aventure, Roger connaissait tout le monde partout où nous allions et il nous ouvrait les portes toutes grandes.

A Kisangani nous logions à l'hôtel Sodiaz, l'ex garage Difco, avenue du 30 juin, en face de l'ex Old East et, oh miracle, le conditionnement d'air, quel luxe...une douche qui, après quelques réclamations, fonctionnait.
Un bon repas au Palm Beach, spaghettis ( !!) et quelques visites de la ville et environs durant ce séjour de deux jours. Deux repas à l'hôtel Rivièra, bonne cuisine et j'ai mangé un bon steak frites. Après tout le poisson qu'on nous a servi en brousse, quel bonheur.

Visite de l'athénée où j'ai été reçu à bras ouverts par la direction, heureuse de voir deux anciens élèves, Freddy avait été élève aussi. Visite de la cour de récréation et ensuite vers l'internat où j'ai pu voir ma chambrette et y entrer, c'était émouvant.

Notre ancienne maison le long du fleuve et aussi le Pourquoi-Pas où j'ai travaillé, j'y suis entré et nous avons pu faire des photos de l'intérieur ainsi que de la cave où l'orchestre jouait, c'était le Night-Club.
La ville est très reconnaissable et ce qui m'a fort frappé c'est l'Hôtel Stanley où j'ai vécu en 1956. C'est resté exactement la même chose et c'est assez bien entretenu, le patio intérieur est splendide, quel beau jardin. Même notre chambre numéro trois existe toujours.

Les rues sont en très mauvais état et la poussière est partout.

L'Hôtel des Chutes est dans un état déplorable mais vient d'être racheté et le nouveau proprio déclare sérieusement qu'il sera remis à neuf dans huit mois. Vu les photos faites à l'extérieur ainsi qu'à l'intérieur cela ne me semble pas possible, même si c'était en Belgique. C'est le président de la chambre de commerce de Kisangani qui nous dit avoir acheté l'hôtel.

Le bassin de natation est en ruines, malgré une tentative de rénovation il y a quelques années, tentative avortée d'ailleurs.
Le cimetière près du bassin est méconnaissable et pas entretenu du tout.

Une visite que je n'avais jamais faite, les Wagenia.
C'est un 'must' de Kisangani, non loin de l'aéroport de Bangboka mais tenez bien vos poches fermées lors de la visite, c'est absolument nécessaire. Les petits étalages de souvenirs, souvent de médiocre qualité sont des occasions pour vous faire voler, attention donc.
La méthode de pêche avec les grandes nasses est unique et il faut voir les pêcheurs se mouvoir sur leurs constructions dans les chutes, c'est étonnant.

Le Zoo existe toujours, il a l'air fort abandonné mais il y a toujours quelques animaux, comme un python, quelques singes mais pour le reste, pas grand chose.
Les cages aux lions sont vides et en partie démontées. La route est toujours en service et l'entrée toujours à la même place. Le restaurant bar existe encore, fermé et n'est pas exploité. J'ai revu les aquariums, plusieurs sans vitres, ces mêmes aquariums que j'entretenais en 60 en grimpant dedans pour les nettoyer. Le tout est relativement en bon état et me semble exploitable après quelques frais. L'habitation existe toujours ainsi que la cuisine.

Nous avons aussi visité la base américaine ainsi que la ferme De Grijse tout près de l'aéroport de Bangboka. La ferme est habitée mais très délabrée. Il y a des vaches à longues cornes typiques. Tout près aussi une mission, école avec exploitation de noix de palme.

Ce qui m'a touché le plus c'est la visite d'un home pour enfants abandonnés, voir ces petits gosses rejetés est fort difficile et il y avait un tout petit qui venait se promener avec nous et me prenait toujours la main, je l'aurais bien emmené en Belgique. Très difficile paraît-il, la paperasserie est très compliquée, m'expliqua notre guide.
Il se faisait tard et il était temps de rentrer à Kis, car nous nous envolions

au matin pour Kinshasa avec le fameux Boeing de Hewa Bora qui crashera à Bangboka deux jours plus tard.
Nuit paisible à l'hôtel Sodiaz (Difco) et réveil a 4h 45 petit-déjeuner, départ vers l'aéroport, papiers, bagages, merci à notre guide Roger pour son aide inestimable.

A Kinshasa après récupération des bagages nous allons vers la Procure que nous connaissions déjà et récupérons les bagages que nous y avions laissés, enfin du linge propre. Une bonne douche froide nous fait un bien énorme et ensuite nous faisons quelques visites en ville ainsi que beaucoup de photos. Visite de l'Athénée et nous sommes guidés par une responsable ainsi que le préfet. Très délabré mais il fonctionne. Mon impression générale est que, depuis que le fils Kabila est au pouvoir cela bouge. L'envie de revivre est omniprésente mais il faut vraiment les guider, les commander, chaque fois répéter ce qu'ils doivent faire, un ordre d'aujourd'hui ne sera pas effectué demain, il faut le répéter à chaque fois. Il n'y a pas assez d'initiative, mais, il y a un progrès certain.

La poste de Kinshasa est toujours active et a l'air bien entretenue, comme tout le centre mais nous venons d'avoir les fêtes du 30 juin...
Le cimetière a été complètement nettoyé, là ils ont fait un sérieux effort (boulevard du 30 juin)

Ensuite nous avons vu le Golf Club et le mont Galiéma et son musée. Le fleuve est toujours aussi beau.
Le club Mirédo avenue Tombalbaye existe toujours (le bâtiment) ainsi que notre maison en face mais elle a été complètement transformée et est devenue méconnaissable.

L'hôtel Regina a été reconstruit mais n'est pas terminé.

Le trafic à Kin est terrible, comme toute la circulation d'ailleurs. Il me semble qu'il n'y a pas de règlements et tout le monde roule comme bon lui semble. Sur la route de l'aéroport N'jili vers la ville j'ai bien vu 20 bus et autos bondés sans lumières, sans clignoteurs, même sans ampoules. Pas de carreaux et dans les minibus conçus pour 8 personnes il y en avait bien 20. Le plus fort,le plus gros passe, priorité ? Mon oeil, même aux feux rouges on passe tout de même... je n'oserais pas rouler à Kinshasa.
C'est bizarre, on ne voit que très peu d'accidents, malgré tout.

Encore une petite visite et un entretien en groupe avec l'ambassadeur de

Belgique et le soir nous partons vers la Belgique avec l'Airbus A330-300 de Brussels Airlines. Excellent voyage et service à bord.

Retour à la maison et une épouse tellement heureuse, comme une absence peut renforcer une union !

Fin du premier voyage.


Second voyage en Afrique du 2 octobre au13 octobre 2011.

Bujumbura – Bukavu – Les gorilles de Kahuzi-Biega – L'île Idjwi – Goma – retour à Bukavu – retour à Bujumbura.

A lire en regardant les photos sur mon site ;

www.alain-beguin.be (congo 2011 Ruanda- Burundi)

Plein d'enthousiasme après l'excellente expérience de mon premier voyage en juin et juillet dernier, j'embarque à Zaventem dans le bel appareil de Brussels Airlines, un Airbus A 330-300 à destination de Bujumbura et nous décollons vers 10.50 h locales.

Apres un vol de près de neuf heures nous arrivons à Bujumbura, anciennement Usumbura, c'est la nuit car le soleil se couche ici vers 18h30. Il y fait encore 28 degrés et nous sommes rapidement trempés durant le contrôle des passeports et l'attente pour les bagages. Tout se passe sans encombre et on nous embarque dans le bus de l'hôtel Club Tanganyika.

Une vingtaine de minutes suffisent pour arriver à l'hôtel via des routes tout de même meilleures qu'au Congo RDC.
L'hôtel est splendide et situé sur les rives du lac, il y a une immense plage et un bassin de natation moderne bien propre et soigné.

Comme nous repartons pour Bukavu au matin je ne raconterai rien des détails maintenant car nous y reviendrons les deux derniers jours avant de rentrer en Belgique.
La chambre, que je partage avec l'organisateur René « Steve » Stevens est bien en ordre et une salle de bain nous attend et on en profite immédiatement.

Bien rafraîchis nous nous dirigeons vers le bar pour engloutir moultes Primus de 72 cl...
Après un repas très soigné il est l'heure d'aller se reposer car demain on se lève tôt pour effectuer le trajet vers Bukavu.

Départ prévu vers 10 heures mais il sera presque midi, notre chauffeur étant en retard, la 4 fois 4 avait des problèmes de démarreur... en attendant nous étions tous aux alentours de la réception dans une chaleur pas trop agréable. J'étais surpris, Buja est plus torride que je pensais... réchauffement climatique ?


Un minibus Toyota et une 4 fois 4 vers Bukavu, nous passons la frontière du Ruanda à Ruhwa... le paysage est splendide et au loin on voit Bukavu au délà des montagnes du Ruanda. La frontière de sortie du Ruanda est franchie assez rapidement au poste Ruzizi 1. Ensuite frontière d'entrée en RDC et là c'est un peu plus long, ce sont les champions de l'administration et ils ont tout appris des Belges. Les Burundais et Ruandais sont tout de même plus rapides, leur routes sont bien meilleures aussi.

Nous arrivons à l'hôtel Orchid's de Bukavu vers 17 heures, check-in dans les chambres, on se lave à toute vitesse car on nous attend pour le repas de...midi. Apres ce sera un bon bain ou une douche pour d'autres, un peu de repos et il sera temps d'aller consommer notre menu du soir. Quelle cuisine à l'hôtel Orchid's, c'est toute la journée du 4 étoiles, à conseiller absolument.

Le lendemain nous allons visiter la clinique Panzi à Bukavu, dans les environs de l'ancienne route vers Uvira, route affreuse et non entretenue. Il a plu la nuit et sans 4 fois 4 c'est impossible. On y voit plusieurs voitures normales ainsi que des camionnettes dans le fossé. C'est le docteur Denis Mukwege qui nous reçoit très aimablement et nous fournit toutes les explications nécessaires. Il y a plusieurs docteurs dans notre groupe et il va de soi qu'ils sont très intéressés. Nous avons aussi beaucoup de présents à distribuer, au grand bonheur de la direction.

Ensuite la Cité de la Joie, un home pour femmes brutalisées et violées, là elles apprennent à reprendre confiance dans la vie et à se débrouiller plus tard. Elles ont très difficile, n'étant pratiquement plus acceptées dans leur famille après avoir été violées, surtout s'il y a un enfant. Un grand coup de chapeau à ces responsables qui font un énorme boulot pour un salaire presque nul !

Après une nuit de repos c'est le grand jour, nous partons à 06 heures pour le parc de Kahuzi-Biega, le parc des gorilles, près des deux volcans éteints Kahuzi et Biega à l'ouest de Bukavu, haut dans la montagne.
Ce sont des gorilles de plaine qui vivent là, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Les gorilles de montagne se trouvent plus au nord, dans le parc des Virunga au nord de Goma.
La visite est formidable, on se taille une route en pleine forêt et ce, à la machette, nous sommes protégés par des gardes et des soldats de l'armée congolaise. Notre guide est John Kahekwa accompagné de notre guide chauffeur Patrick, de Bukavu. John est un homme formidable et nous avons immédiatement senti que nous nous entendrions. Il est « gorillas habituation officer » et il les connait comme sa poche, sait tous les reconnaître et connait tous les noms, de toutes les familles. Il y a eu plusieurs gorilles assassinés par des braconniers et chaque fois il est terriblement touché.

Après cette expédition de plusieurs heures nous sommes épuisés et nous nous dirigeons vers les soeurs Trappistes afin de nous ravitailler avec de la Primus et un bon repas africain. Retour au soir à l'hôtel Orchid's.

Entretemps nous sommes le six octobre et nous allons embarquer sur une vedette rapide gouvernementale en direction de l'île d'Idjwi.
Départ du port de Bukavu vers 07.30 h sur cette vedette Mugote et arrivée à Idjwi vers 09.45 au port de Kashofu après un splendide périple sur ce beau lac Kivu. Le lac Kivu c'est la plus grande réserve imaginable de gaz méthane qui repose au fond. C'est aussi une gigantesque bombe en attente.

Nous sommes reçus à l'hôtel Congomani avec tambours, chanteurs et danseurs. Apres ces protocoles nous choisissons nos chambres et moi je tombe sur la
« suite présidentielle » avec un salon et salle de bain séparée, super de luxe, sauf que la salle de bain est, comme partout ailleurs sur l'île, en très mauvais état...

Soirée agréable et reposante et le lendemain nous allons visiter un village de pygmées. Ces pygmées sont assez mélangés mais tout de même encore très reconnaissables. Nous sommes accueillis à bras ouverts d'autant plus qu'ils savent que nous apportons de nombreux cadeaux, savons, bics, habits, sacs à dos etc etc. Ils vivent encore comme avant, dans de petites cases comme je les ai connues durant les années cinquante, ils vivent de la chasse et du commerce. Ensuite une visite au marché local avec énormément de monde. Les habitants sont gentils sauf une, une vieille « mama » nous criait toujours « kwenda kwenda » ce qui veut dire « allez-vous en » mais c'était une exception. Pour les photos ce n'est pas simple, durant mes deux séjours de cette année cela a toujours été difficile. Il faut donner des sous ou bien être très discrets. Bukavu et Bujumbura sont encore pires.

Retour à l'hôtel et rencontre avec plusieurs officiels d'Idjwi Sud qui fait partie de la province du Sud Kivu et Idjwi nord fait partie du Nord Kivu.
Nous avons beaucoup de chance avec le temps, car la saison des pluies commence et nous n'avons vu que des averses au loin, sur le lac. Beaucoup de soleil et occasion unique pour bien brunir.

Le coucher de soleil est unique et inoubliable. Ensuite, souper et dodo. Tiens, à midi les dames qui nous accompagnaient ont appris aux cuisiniers comment faire des frites à la Belge, en deux cuissons...Ils ne savaient pas.

Le lendemain matin très tôt déjeuner vers 05 heures afin de partir à temps en vedette rapide vers Idjwi nord.
Deux heures trente sur le lac et nous arrivons en vue de l'hôtel PAON, hôtel très récent et bien situé dans une baie avec une vue imprenable. La salle de bain est encore pire que les autres et nous devons mettre nos chaussures pour y entrer, les toilettes coulant par en-dessous, c'était dégoûtant. Pour le restant tout était

en ordre, on pouvait nager dans le lac et se reposer sur une belle pelouse ainsi que sur la terrasse. Visite du Mwami (roi) et de la clinique.
Visite de l'île des singes et une autre pour louer des guides et après une nuit au Paon nous partons le lendemain pour visiter la pointe nord de l'île ; école, maison (villa) qui appartenait auparavant au prince De Ligne, un domaine magnifique et enchanteur et le propriétaire actuel est Bertrand Bisengimana. Rencontre avec monsieur le curé et distribution des cadeaux prévus.

Nous partons le lendemain pour Goma et ses volcans, nous devions partir vers 07.30 heures mais au Congo les imprévus sont toujours de la partie...
Un député avait pris nos places avec toute sa suite et le capitaine du bateau ne savait pas nous laisser embarquer. Palabres et palabres, rien à faire et nous devons prendre le bateau rapide suivant mais il ne sera là qu'à 13 heures.

Cela veut dire que nous aurons autant moins de temps à Goma pour visiter... Plainte est déposée mais en attendant nous sommes vus.

13 h le bateau suivant nous emmène vers Goma où nous arrivons assez tard, le port grouille de monde, gens qui cherchent à gagner quelques sous en portant les valises. C'est une vraie fourmilière.
L'arrivée sur Goma est très belle avec les volcans Njaragongo et Njamulagira à l'arrière plan. A droite on voit bien Kisenyi (Ruanda) et à gauche les hautes montagnes de la RDC.

Les routes de Goma...c'est tout simplement terrible. La ville a été presque complètement détruite lors d'une éruption en janvier 2002 et les rues furent inondées de lave. On a réparé tant bien que mal mais c'est terrible comme nous sommes secoués. Toute la ville est fort abimée.

Ayant perdu beaucoup de temps à cause du bateau manqué nous décidons de visiter le fameux « lac Vert » du côté ouest du lac. C'est un lac qui fut formé par une coulée de lave qui isola cette partie du lac Kivu. Ce sont les algues qui donnent la belle couleur verte à cette eau qui n'a plus de contact avec le lac Kivu.

Nous arrivons, toujours entiers mais en compote, à l'hôtel Karibu (Bienvenue en Swahili). Rafraîchissement immédiat dans notre première salle de bain bien équipée et très propre depuis Idjwi. Cet hôtel est fortement à conseiller à quiconque désire passer à Goma. On vous présente plusieurs expéditions locales, les volcans, les gorilles et bien sûr, le parc des Virunga, c'est une des merveilles du monde que je connais déjà depuis les années 50, la région du moins, Goma, Kisenyi, Rutshuru. (lire ma jeunesse au Congo)

Apres un excellent repas très soigné et plusieurs Primus, comme d'habitude, nous allons nous coucher non sans avoir pris contact avec « la maison » via internet. A Bukavu, Goma et Bujumbura nous avons pu bénéficier de l'internet

via le WiFi gratuit des hôtels, c'est vraiment une bonne idée des patrons.
Le lendemain, dimanche 9 octobre embarquement sur un grand bateau, le Miss Rafiki, assez lent mais avec toilettes, bar et terrasses, on peut se promener partout, même chez le capitaine. C'est ici que j'ai le plus bruni, j'ai toujours été dehors en plein soleil afin de faire beaucoup de photos de ce lac enchanteur. Lunch sur le bateau et arrivée à Bukavu vers 13.30 h avec retour à l'hôtel Orchid's où nous avions étés si bien soignés il y a quelques jours. Même chambre avec salle de bain convenable.

Promenade en voiture vers le centre et visite au marché avec les traditionnelles protestations lorsque nous faisions des photos. Bukavu a été la ville la plus difficile de mes deux voyages de cette année en ce qui concerne les photos... J'ai revu l'hôtel Métropole où j'avais travaillé en 59, c'est devenu une superette bien achalandée. J'y ai même revu la piste de danse ronde, au centre du magasin... nombreuses photos, à l'intérieur aucun problème avec la permission du patron européen. A l'extérieur une photo en vitesse et en cachette pour éviter les problèmes. Encore une ou deux de l'hôtel Résidence où j'ai goûté mes premiers escargots en 59. A cette époque nous habitions à l'avenue du lac mais je n'ai pas retrouvé notre maison. Tout est très sécurisé avec des murs autour des habitations et c'est très difficile à reconnaitre après plus de cinquante deux années.

Encore quelques photos, avec beaucoup de problèmes, dans l'avenue de la Cathédrale et l'avenue de l'église afin de photographier l'ancien garage Volkswagen. Problème résolu avec 1.000 francs Congolais (1 dollar environ) Avec des sous on arrange tout mais il en faudrait des valises pleines...

Il commence à faire noir et il est grand temps de regagner l'hôtel.

Le lendemain 10 octobre, petit déjeuner chez le gouverneur de Sud Kivu Marcelin Cishambo et ensuite nous nous dirigeons vers une plantation de thé que nous ne verrons jamais, ceci étant du à un malentendu dans les rendez- vous.

Pas de problèmes car il y a tant de choses à voir, comme la petite cataracte d'eau...chaude des grottes Kakondo, tout près du lac. Il fallait grimper un peu pour y accéder mais cela en valait bien la peine. Plusieurs ont pris une douche tout habillés, voir les photos. La région de Lwiro est très belle aussi et une visite au CRSN, le centre de recherches en sciences naturelles s'imposait. Le prof Bajope Baluku nous a très bien guidés.

Nous devons rentrer à Bukavu avant le coucher du soleil, après un lunch au Guest House.

Le 11 octobre check-out de l'hôtel, achat de quelques souvenirs près des petits marchands à côté, pas cher et on peut toujours négocier.

Embarquement dans les voitures et départ vers Buja via la même route qu'à l'arrivée, c-à-d Frontières Ruzizi et Rhuwa pour entrer au Burundi.
Nous aurons un lunch à une vingtaine de kilomètres de Buja, dans la plaine de la Ruzizi, un petit établissement dont j'ai oublié le nom.

Après midi relax à l'hôtel Club Lac Tanganyika, on va nager dans la splendide piscine et quelques-uns vont dans le lac, via la très belle et immense plage de l'hôtel. Comme l'hôtel à Goma et celui de Bukavu cet hôtel est fortement à conseiller, propre, service impeccable et tout parfaitement en ordre...même les salles de bain. Ce n'est que sur l'île d'Idjwi qu'il y a des problèmes de confort. Etant au Congo il faut cependant s'y faire, c'est un peu l'aventure que nous avons voulue nous-mêmes. D'ailleurs j'en ai vu d'autres dans la région de Kisangani en juin dernier.

Le lendemain 12 octobre 2011, jour du départ vers la Belgique nous allons profiter de la journée pour visiter Bujumbura (Usumbura pour les anciens) et essayer d'y faire des photos. J'ai retrouvé le Grand Hôtel où j'avais habité en 56 ainsi que le bassin de natation « l'entente sportive ». L'hôtel Paguidas a disparu, j'y avais travaillé comme musicien en 59/60 et il est remplacé par un affreux bâtiment en béton de la chaine Novotel. Nous n'avons pas trouvé le manège. Le restaurant hôtel Tanganyika (un autre que notre hôtel) est toujours là et j'ai pu prendre des photos sans problèmes, j'y avais aussi travaillé en 59. Nous avons aussi pu faire de belles photos d'en haut de la tour de la cathédrale.

Au centre de la ville, avenue Rwagasore, l'ancienne chaussée d'Astrida (Butare), gros problèmes pour les photos, l'énorme ambassade des Etats-Unis y étant située.
Des gardiens de l'ambassade nous interpellent et nous sommes persuadés qu'ils voulaient de l'argent mais nous avons refusé. Une heure de palabres, j'ai finalement laissé photographier mon passeport afin qu'ils nous laissent partir. Nous partions le soir et j'avais peur que l'on ne me laisse pas passer au contrôle. Le gars a bien mis 5 minutes à vérifier mais m'a finalement laissé passer sans un mot de commentaire... ouf !

Attente dans le hall de transit avec nos dernières Primus avant d'embarquer sur notre A330-300 de Brussels Airlines qui nous mènera par dessus Le Caire et une large courbe vers Bruxelles avec l'arrivée vers 07 heures après une excellente nuit.

Quel bonheur de revoir mon épouse ! Quelle belle aventure !

Alain Beguin 20 octobre 2011